Les Coups de coeur / Coups de Gueule de Stanislas – Emission du 19 mai 2017

Coup de coeur

Un grand bol d’air frais avec Le chanteur de Gaza (critique disponible sur Publik’Art).

Gaza fait plus souvent la une des actualités pour le conflit meurtrier qui s’y déroule depuis déjà trop longtemps que pour des pensées d’espoir. Le chanteur de Gaza n’oublie pas le contexte politique et social tendu de ce territoire acculé par son puissant voisin mais s’élève vers une simplicité féérique qui émeut et enthousiasme. Les acteurs sont pour la plupart amateurs, le film est réalisé avec trois bouts de ficelle et n’est pas exempt de maladresses mais il apporte au final une candeur rafraichissante qui maintient l’intérêt et donne envie d’y croire. Un gamin de Gaza qui réalise son rêve à force de persévérance par-delà les difficultés du quotidien? Et pourquoi pas étant donné que le film est adapté d’une histoire vraie!

De la difficulté de grandir à Gaza

Le film débute avec une bande de gamins braillards et débrouillards. Parmi eux se cache une pépite, le petit Mohammed Assaf à la voix d’or qui tente avec ses jeunes amis de monter un groupe pour se faire connaitre et se faire un peu d’argent. Car la lutte pour la survie n’est jamais très loin dans cette gentille historiette, des individus estropiés traversent sans arrêt l’écran pour bien rappeler où se tourne le film. Gaza est une enclave surpeuplée où s’entassent dans un dénuement total une population abandonnée de tous. Le réalisateur Hany Abu-Assad y a pourtant tourné le premier film réalisé là-bas depuis 20 ans en tentant d’apporter de l’espoir. Oui, les moyens sont limités, les enfants tombent gravement malades et les embuches sont nombreuses avant d’accéder au firmament. La copine Nour du héros jouit d’un caractère en acier trempé pour pousser son camarade vers le haut. La réalisation est complètement maladroite, les jeunes comédiens sont rarement justes mais qu’importe, l’esprit est là et l’enthousiasme colle à la pellicule. Des cinéphiles chevronnés s’agaceront de l’amateurisme du récit et ils auront bien tort car le ton est au conte moderne où le chemin vers la réussite n’est jamais autant réjouissant que quand il s’affranchit des pires difficultés.

Une histoire vraie remplie d’espoir

L’histoire de Mohammed Assaf n’est pourtant pas qu’un conte et sa victoire à Arab Idol a levé un énorme vent d’enthousiasme au sein d’une population habituellement dénuée de véritables raisons d’espérer. Il faut penser à une victoire en coupe du monde de football pour imaginer l’effet produit par cet évènement. Le film ne lésine pas sur les focus sur les danses, les hourras et l’emballement collectif. Devenu grand, le héros réussit à rallier l’Egypte pour convaincre le jury de son talent et devenir une idole dans son pays. L’histoire est vraie et le dénouement du film met en perspective le destin minuscule de celui qui y a toujours cru pour s’accomplir. Pas sans moments de doute ou d’abattement, mais jamais sans y renoncer. La fin du film ressemble à une farandole d’ondes positives, peut être simplistes mais tellement réjouissantes qu’il est impossible de quitter la salle sans avoir le sourire aux lèvres. Ce Chanteur de Gaza a su faire fructifier son talent pour réaliser son destin et si le scénario du film n’échappe pas à ce que certains pourraient considérer sommairement comme des poncifs, l’important est ailleurs. Car le film a valeur de témoignage et de maxime de vie. Même au beau milieu d’un territoire oublié de la félicité, ceux qui y croient peuvent s’accomplir. On ne parle pas ici d’American Idol ou de The Voice mais d’un véritable évènement populaire qui a redonné sa fierté à une population trop souvent humiliée.

Le Chanteur de Gaza offre un vrai moment d’humanité où les esprits quittent la mesquinerie ou l’animosité pour se rallier à celui qui les convainc tous de sa bienveillance. Un peu à la manière de Charlie Chaplin ou Roberto Benigni avant lui. Et à la fin, c’est le bon qui gagne, pour une fois.

Le chanteur de Gaza
Le chanteur de Gaza

Coup de Gueule

Le mirage de la charge mentale
Un nouveau concept proto psychologique vient de faire une apparition fracassante sur les réseaux sociaux. Il s’agît d’un concept au nom de revolver ou de chargeur de portable, j’ai nommé la charge mentale. Quand j’entends cette expression, j’imagine un être humain branché à la prise du salon, avec des étoiles dans les yeux et des étincelles dans les cheveux. Si j’ai bien compris, cette notion cible en majorité les femmes à l’esprit perpétuellement occupé par toutes les contraintes domestiques dont elles ont la charge et surtout esseulées par l’accumulation de toute les petites tâches du quotidien qu’elles sont obligées de faire pendant que leur conjoint se dore la pilule devant la télé. Entre le repas à préparer pour le ou les petits, les activités ménagères à réaliser, le rendez vous chez le dentiste à ne pas oublier, les coups de fil aux grands parents à ne pas oublier, les dates d’anniversaires à garder dans un coin de l’esprit. La charge mentale, c’est l’art de toujours devoir penser à tout. Le glorieux inventeur de cette idée philosophique devrait faire fortune car je l’entends actuellement partout. Le constat est implacable: les femmes ont l’esprit surchargé par une charge mentale à la limite du supportable, leur faisant craindre la décérébration. Elles n’en peuvent plus, c’est inadmissible. Bon, je suis dans ma rubrique coup de gueule donc je vais pouvoir m’élever contre cette hérésie qui ferait bien rire nos grands mères. La charge mentale, c’est du recyclage, du réchauffé, du cliché. C’est même à la limite du misérabilisme et de la pleurnicherie. Parce que si on part du principe que la femme fait tout, donc trop dans un couple, je ne pense pas que ce soit une fatalité. Mesdames, si vous pensez être exploitées par votre méchant mari qui abuse de la place ancestrale donnée par le conjoint scélérat à sa moitié martyrisée et exploitée, la solution est peut être de lui en parler, de communiquer et pas de surcharger les bureaux des psys. L’homme était historiquement la partie professionnellement active du couple, la femme restant à la maison à s’occuper du ménage. Les temps ont changé, l’homme et la femme travaillent désormais à parts égales, alors hop, vous avez le droit de demander à l’ignoble homme des savanes qui partage votre vie de mettre la main à la pâte. Voilà, hop, plus de charge mentale, vous êtes guéries, je devrais écrire un bouquin moi aussi, je pourrais devenir riche.

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